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Cultivateur de mots

À défaut d’être un chasseur de mots

 

Autrefois le poète était un chasseur de mots, il les analysait, il les décortiquait, il les consultait quand il en avait le temps… Mais surtout, il leur courrait après.

Les mots étaient semblables à des petits papillons que le poète voulait attraper et enfiler dans ses lignes. Son filet bien souvent inadapté a de tels phénomènes, les mots lui échappaient et s’en allaient vers d’autres sphères. Souvent même, les mots devaient user de leur empattement pour se faufiler entre deux poètes agacés par leur pauvre récolte.

 

Je tiens à maintenir votre attention, les mots vivent une véritable persécution, il est impossible d’avoir une discussion tranquille sans qu’un poète lève son filet.

Les mots ne sont pas des papillons que nous pouvons enfermer dans des bocaux, encore moins dans des livres.

 

Lorsqu’un poète était à bout de nerfs, il finissait par s’orienter vers des mots que nous usons à tort et à travers et qui n’améliorent guère nos estimes : les mots sales.

Ces mots étaient faciles à attraper, ils ont été tellement maltraités qu’ils n’ont même plus le courage de se défendre.

À force d’être traîné dans la boue de nos blâmes, plonger dans l’enfer de nos mauvaises intentions, sans jamais réussir à en sortir, ils sont devenus des mots sales.

 

Dans le lot, il existait toujours un poète assez respectueux pour ne pas lutter contre les mots. Au lieu de les pourchasser, il les écoutait.

Les mots lui avaient enseigné combien bien se tenir, respecter l’écart entre chacun et ne pas déborder sur la parole des autres pouvaient harmoniser nos histoires.

Face à leur intelligence, il avait compris que les mots ne point de simples animaux, ce sont des animas. Ils sont dotés d’une vie et d’une âme éternelle qui traversent nos mythes et nos légendes, et ce, depuis la création du verbe, qui lui-même était un mot.

Ce poète assez lucide pour ne pas essayer de dompter les mots, avait compris que l’intelligence venait des mots.

Ce sont vers des poètes canalisateurs de mots que nous devons nous tourner, ils ne les prennent en otage, au contraire, ils libèrent leur parole.

 

Les mots sont bien plus anciens que nous le croyons et un poète, qu’il soit au début ou à la fin de son histoire, ne peut prétendre avoir la sagesse devant la grandeur des mots.

Défier l’éternité est voué à l’échec.

 

À notre époque les mots sont mal utilisés et irrespectés. Les hommes perdent la valeur des mots au même titre que leur valeur. Et pourtant celui qui donne de l’importance aux mots peut s’en retrouver glorifié.

Connaître les mots est le plus beau cadeau que nous puissions faire pour honorer son histoire, sa personne et décorer la vie de belles pensées.

 

Au final les mots sont les grands sages et ceux à toutes époques. Si nous apprenions à mieux les connaître et écouter chacun d’entre eux, nous serions dès demain les plus grands des poètes.

 

Commentaires(2)

    • Claudie

    • 6 mois ago

    Tous ces jolis mots nous apportent la paix et nous donnent envie de connaître son auteur
    C’est magique

      • Maxime

      • 6 mois ago

      Merci beaucoup Claudie pour votre message et vos mots. Si vous souhaitez en découvrir un peu plus sur mon écriture, je vous invite à découvrir mon projet sur le site Ulule

      Maxime

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